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Haïti - Bangkok : Intervention du Gouverneur de la BRH à la réunion ministérielle caribéenne
Le 15 octobre 2026, à la réunion ministérielle caribéenne qui s’est déroulé à Bangkok en Thaïlande Gabriel Ronald Gouverneur de la Banque de la République d’Haiti (BRH), a souligné a Kristalina Georgieva, Directrice Générale du Fonds Monétaire International (FMI), que l’« ajustement économique doit préserver les dépenses sociales et les investissements nécessaires pour faire face aux chocs ». Il a aussi insisté sur le renforcement des compétences et les possibilités d’emploi permettant aux jeunes de construire leur avenir en Haïti. Intervention du Gouverneur de la BRH : « Je remercie le FMI pour cette rencontre consacrée à deux défis qui s’imposent dans notre région : la succession des chocs mondiaux et les transformations démographiques. Dans les États insulaires et les pays fragiles, chaque nouveau choc peut avoir des effets disproportionnés et réduire des marges de manœuvre déjà limitées. Dans la Caraïbe, les chocs actuels, notamment ceux énergétiques, viennent amplifier les déséquilibres structurels. De plus, les dommages causés par les catastrophes naturelles, rapportés au PIB, sont six fois plus élevés que dans les autres régions. Pour nos banques centrales, l’enjeu est de préserver la stabilité macroéconomique et financière tout en évitant qu’un ajustement trop brutal n’affaiblisse davantage l’économie. Mais en Haiti, la stabilité ne suffit pas lorsqu’environ la moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë. Compte tenu des besoins de la population, l’équilibre macroéconomique ne devrait pas se faire au détriment des dépenses sociales et des investissements indispensables à la résilience. L’accès à des financements concessionnels, à des instruments adaptés aux chocs et à une assistance technique bien séquencée reste donc essentiel. Les évolutions démographiques renforcent cette urgence. Plus de la moitié des Haïtiens ont moins de 25 ans. Pour Haïti, le défi ne réside donc pas dans le vieillissement ou la baisse de la natalité, mais dans l’émigration d’un nombre important de jeunes et de travailleurs qualifiés: selon une étude réalisée par une institution internationale, plus de huit diplômés universitaires haïtiens sur dix vivraient aujourd’hui à l’étranger. Cette dynamique réduit notre potentiel de croissance et affaiblit le capital humain dont nos institutions ont précisément besoin pour conduire les réformes. Notre priorité devrait s’axer autour de la création de conditions permettant à nos jeunes de construire leur avenir dans leur pays. Cela suppose davantage d’investissements dans le renforcement des capacités, et des opportunités économiques, mais aussi une mobilisation plus stratégique de notre diaspora. La coopération régionale peut nous aider, notamment dans les domaines de la sécurité énergétique, de la formation, de la mobilité des compétences et de la préparation aux catastrophes. Mais elle doit aussi tenir compte des différences de vulnérabilité et de capacité entre nos économies. Madame la Directrice Générale, nous avons compris que la résilience a un coût, mais que l’inaction en aurait un bien plus élevé. Nous encourageons donc le FMI à poursuivre ses efforts pour adapter son assistance technique, et ses instruments financiers aux réalités des pays les plus vulnérables, afin que la préservation de la stabilité puisse aller de pair avec l’investissement dans la résilience et dans l’avenir. Je vous remercie. » HL/ HaïtiLibre
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