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Haïti - Religion : Position de la CEH sur la crise sécuritaire du pays et l’avant-projet de Constitution de 2025 24/07/2025 09:29:22
Dans un note datée du 23 juillet 2025, la Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH) exprime sa position sur la crise sécuritaire du pays et l’avant-projet de Constitution de 2025 Position de la CEH sur la crise sécuritaire « […] Alors que notre pays sombre chaque jour davantage dans un chaos généralisé, et que s’effondrent un à un les piliers de la vie sociale et politique, nous, évêques catholiques d’Haïti, ressentons plus que jamais l’urgence d’adresser une parole prophétique pour que “ le droit jaillisse comme une source ; et la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais l ” (Amos 5, 24). C’est avec gravité et compassion que nous élevons la voix : pour alerter sur l’ampleur du naufrage, pour dénoncer ce qui avilit la dignité humaine, et pour proposer, à la lumière de l’Évangile, les chemins de conversion, de justice et d’espérance. […] Nous assistons à une déchéance de la société et a une décadence des institutions qui en sont les piliers : • Un État défaillant qui n’assure plus ni la sécurité, ni la justice, ni le minimum vital pour son peuple ; • Un territoire morcelé, abandonné à la loi des armes et à la terreur des bandes armées ; • Une population en fuite, déplacée, humiliée, appauvrie, blessée dans sa chair et son âme. En plus de la banalisation de la vie, la transgression du sacré témoigne d’un effondrement de l’ordre moral et de l’ordre social. Nul n’est exempt des atrocités commises par les bandes armées ; aucun lieu ni symbole n’est épargné : des lieux de culte sont profanés, des sanctuaires sont violés et saccagés, le patrimoine historique et culturel du pays est vandalisé, incendié sans aucun égard de ce qu’il représente un signe de mémoire collective, de foi partagée et d’identité nationale. Ces agressions ne détruisent pas seulement des pierres ou des objets ; elles frappent le cœur vivant de notre peuple, sa conscience morale, sa capacité à espérer. Nous dénonçons ces actes de barbarie ; ils sont le signe d’un peuple qui perd le sens de Dieu, et, avec lui, le sens de l’homme. Nous nous demandons une nouvelle fois ce que cache ce projet de déshumanisation qui met à genoux un peuple déjà meurtri. Et surtout, pourquoi les Autorités de l’État ne déploient-elles pas leur plus grand effort à protéger ce qui reste de notre territoire et ce qui devrait être inviolable, à savoir : la vie, la liberté, la culture et la mémoire ? » Position de la CEH sur l’avant-projet de nouvelle Constitution : À travers une situation “gangrenée par la violence et l’insécurité, altérée par tant de discordes” la CEH observe avec attention le processus initié par le pouvoir de transition en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution en Haïti. “Tout en interpelant chacun de nous, cet Avant-projet de Constitution soulève des espoirs, des débats, mais aussi de vives inquiétudes.” et s’adresser à la conscience collective de la Nation. « L’Avant-projet propose plusieurs innovations dignes d’intérêt : • Une volonté claire de moderniser l’État et de rationaliser la gouvernance publique ; • Une ouverture prometteuse vers la reconnaissance des droits des Haïtiens vivant à l’Étranger, et la participation des femmes et des jeunes ; • La reconnaissance renforcée de droits sociaux fondamentaux : éducation, santé, sécurité sociale, logement ; • Des dispositifs favorisant la transparence, la lutte contre la corruption et une représentativité plus légitime des partis politiques. […] Cependant, au-delà de ces avancées, le texte présente des lacunes majeures qui risquent de fragiliser l’équilibre démocratique : • Un processus à la fois peu inclusif et élaboré sans Assemblée constituante élue ni véritable débat citoyen ; • Un pouvoir présidentiel largement renforcé, concentrant des prérogatives qui affaiblissent les contre-pouvoirs législatifs et judiciaires ; • Un flou dangereux autour du modèle territorial, avec un fédéralisme qui risque de fragmenter l’unité nationale ; • Des droits sociaux proclamés mais sans mécanismes de recours, risquant ainsi de demeurer lettre morte ; • Un modèle de gouvernance institutionnelle complexe qui peut s’avérer difficilement applicable dans un pays aux capacités administratives et budgétaires limitées. Face à tout cela, nous rappelons solennellement que la Constitution d’un pays est plus qu’un texte juridique : c’est un pacte social. La question de la Constitution demande un très large débat portant à un vrai consensus national qui tient compte de la réalité historique, culturelle et sociale de notre peuple. Et cela doit se faire en un moment qui sera opportun. L’heure ne se prête pas au processus portant à l’adoption d’une nouvelle Constitution. Aujourd’hui, la priorité est à la sécurité, à la Paix et à la gouvernance pour le bien du peuple. Le renouveau de la Nation ne viendra pas d’un texte, aussi bien rédigé soit-il, s’il n’est porté par une conscience civique collective et renouvelée, une exigence morale partagée et une culture du dialogue et de la solidarité. Nous exhortons chacun, à tous les niveaux, à travailler davantage pour bâtir non pas une Constitution de rupture unilatérale, mais une charte fondatrice de l’avenir commun. Engageons-nous activement dans la reconstruction morale et structurelle de notre société. Résistons à la résignation, à la vengeance et à l’anarchie. Élevons la voix pour la vérité, la justice et la Paix. À vous tous Sœurs et Frères Haïtiens, nous disons qu’il est encore temps d’éviter l’irréparable. Mais chaque jour de silence, d’hésitation ou de duplicité est un jour de trop. Trop de sang a coulé. Trop de familles sont détruites. Trop de jeunes ont perdu espoir. […] » Signatures des Évêques de la CEH : Mgr Max Leroy MÉSIDOR Archevêque Métropolitain de Port-au-Prince Président de la CEH Mgr Pierre André DUMAS (Hospitalisé) Évêque d’Anse-à-Veau / Miragoâne Vice-Président de la CEH Mgr Joseph Gontrand DÉCOSTE, SJ Évêque de Jérémie Secrétaire Général de la CEH Mgr Désinord JEAN Évêque de Hinche Économe de la CEH Chibly Cardinal LANGLOIS Évêque des Cayes Conseiller Mgr Marie Érick Glandas TOUSSAINT Évêque de Jacmel Mgr Launay SATURNÉ Archevêque Métropolitain du Cap-Haïtien Mgr Charles Peters BARTHELUS Évêque de Port-de-Paix Mgr Yves Marie PÉAN, CSC Évêque des Gonaïves Mgr Sander LOUIS-JEAN Évêque Auxiliaire de Port- au-Prince Mgr Quesnel ALPHONSE, SMM. Évêque de Fort-Liberté Mgr Wismick JEAN-CHARLES, SMM. Évêque Auxiliaire de Port- au-Prince HL/ HaïtiLibre
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