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Haïti - Économie : Commerces 2,1 milliards de pertes
12/06/2010 10:42:16

Parmis ceux qui ont été gravement affecté par le séisme figurent de nombreux entrepreneurs et commerçants. Ces derniers ont vu leur entreprise disparaître ou être fortement affectées financièrement par les pertes importantes de leurs stocks de marchandises (détruit ou pillé) ou de leurs ressources humaines.

Le centre ville de Port-au-Prince est complètement méconnaissable, la majorité des établissements commerciaux de la place ont été détruits en totalité ou en partie. Pire, quelques heures après le séisme, un incendie dévastateur à ravagaé ce qui n’avait pas encore été détruit.

Des commerces situés dans d’autres zones (Delmas, Tabarre, Cité Soleil entre autres) ont eux aussi été durement touchés. Les pertes au niveau des entreprises de l’aire métropolitaine de la capitale, tant du secteur formel qu’informel, s’élèvent à 2,1 milliards de dollars américains, selon une étude réalisée par l’Agence américaine pour le Développement international (USAID) et le projet Winner. Et les besoins en financement dépassent les 2,7 milliards de dollars.

Les dommages les plus visibles subis par ce secteur sont sans aucun doute l’effondrement de bâtiments commerciaux. Mais les pertes ne concernent pas uniquement les immeubles. Elles portent aussi sur le stock, le mobilier et les équipements. Ainsi, selon le rapport de l’USAID/, 48% des pertes au niveau des micros et petites entreprises concernent les stocks de marchandises et 34 %, l’immobilier. En ce qui a trait aux moyennes entreprises, 40% de leurs pertes ont trait à l’immobilier, 33% les stocks et 20 %, les équipements. Les grandes entreprises, quant à elles, ont été les plus touchées au niveau de leur stock et de leur bâtiment.

De nombreuses entreprises haïtiennes se retrouvent aujourd'hui dans une situation encore plus difficile qu'avant le séisme du fait qu’elles ne bénéficiaient d’aucune assurance. C’est le cas de la plupart des micros et petites entreprises du secteur informel, lequel secteur a été plus durement frappé que le secteur formel.

L’heure est désormait à la relance, mais ceci exige des mesures concrètes et efficaces. La relance de ces entreprises suppose la mise sur pied de stratégies efficaces. La recapitalisation des MPME est une condition sine qua non à la reconstruction de l’économie haïtienne vu que le secteur informel regroupe plus de 80% des emplois. Il convient de favoriser l’accès au crédit bancaire aux MPME et surtout avec un taux d’intérêt bas. Un avis partagé par l’économiste Johnson Désir, qui insiste pour que « les modalités du processus de recapitalisation soient transparentes, ouvertes à toutes les entreprises ».

De nombreux observateurs pensent que l’État haïtien a un rôle important à tenir. Il doit permettre aux entreprises de trouver l’environnement nécessaire en termes d’infrastructures physiques, de dispositions légales et institutionnelles, à une reprise saine de leurs activités. Johnson Désir estime que dans les activités de relance, l’appui de la communauté internationale est incontournable.

La communauté internationale a déjà témoigné sa volonté de s’engager lors du sommet de New-York, pour plus de 10 milliards de dollars et cette même « générosité », a été de nouveau manifestée le 2 juin, à Punta Cana lors du sommet sur la reconstruction d’Haïti.

[NdHL] La véritable générosité de la communauté internationale ne se mesure pas au nombre de fois qu’une promesse est renouvelée mais aux montants des décaissements. La relance de nos entreprises, commerces et emplois ne se construira pas sur des promesses ce qu’il nous faut ce sont des actes!



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